Les nouveaux martyrs (2016)

Les nouveaux martyrs

 

La lune se penchait d’un trop de divan

Aux gouttes d’une éclaboussure de rêve

Le jour s’est étiré comme un cerf-volant

Elle tombait sur le bord d’une mer en grève

L’enfant tricotait ses nostalgies béantes

Pour illuminer robes et couleurs de soie

Trop serrée dans son corsage de géante

Le feu des années lui embrasait les doigts

La femme comptait dans ses yeux de poupée

Ses ratés gommés par le trop plein de haine

Ses gâchés tordus au sale’ goût de pitié

Chacun de ses manque lui pesait comme une’ chaîne

Dans la chute d’une giboulée d’envie

La lune en croissant faufilait en orage

La nuit avait brisé les gonds de son lit

Et clos ses barreaux dans des jupes sans âge

L’enfant buvait la liberté du ballon

Dont l’infime baudruche crevait le ciel

Mais c’était juste les nuées du plafond

Où sa peau s’abimait d’un artificiel

La femme goûtait tous les plis de trop tard

Clouée devant d’inaccessibles aurores

Elle jouait à nulle part, s’en foutait, départ

Ajourné par les tours abstraits de son corps

Dans un noir tombé où mourraient les étoiles

Entre certitude et doute circonscrit

Un songe dessinait un spectre de toile

Déchiré par le grain d’un papier croupi

L’enfant a jeté ses ailes d’un éclat

Dans le tourbillon des berges racornies

Le feu a brûlé ses yeux d’un jour trop las

La femme s’est effacée d’un vide gris

La lune se lève d’un trop de divan

Au croissant d’une éclaboussure de rêve …

 

4 janvier 2017 © Ysa Gudule

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